77- l’attente

tout va bien ici, nous sommes parti quelques jours à Paris avec les filles, ça fait du bien avant la date fatidique ^^ de se vider la tête. avec rien d’autre que nous 4 à gérer.
on a beaucoup marché bien sûr, j’ai eu des douleurs partout lol:{} mais on s’est régalés.
j’ai eu 2 bonnes heures de contractions sensibles là bas mais entre le train, métro, bagages, 10 km par jour, les visites, les escaliers… bon je n’étais pas plus étonnée que ça whistle:{}
comme quoi, quand c’est pas ton jour, tu peux faire ce que tu veux :D
train de retour avec 2h de retard, une petite famille qui avait les crocs et mon jean qui est vraiment trop serré pour me permettre de rester assise 5h sans gonfler lol:{}

J’avais envie de rentrer pour me cocooner! ça y est je suis dans le dernier mois, bubulle peut arriver quand bon lui semble, je suis prête même si tout n’est pas prêt, l’essentiel est là. Si on peut finir avant tant mieux, sinon ce n’est pas grave
love:{} j’adore cette période d’attente, je savoure mes pensées, tournée vers la naissance, je prépare ma décoration pour le jour J, je traine mon rythme et mon corps ronds dans ma maison et au jardin comme une berceuse. J’adore ces moments, bubulle sera bientôt là. Bientôt nous pourrons embrasser ses joues et mettre un visage sur un surnom, un nom sur un visage et accueillir celui ou celle qui est vraiment ce bébé jusqu’ici rêvé.

Hier j’avais rdv à la mat’ avec l’anesth, un rdv court mais agréable.
Puis on a marché avec mon poilu jusqu’à chez ma SF.
Elle m’a confirmé qu’il est bien bas, ce qui explique mes douleurs.
on a rit, on a parlé de la naissance, on s’est posé, centrés autour de notre amour commun pour bubulle.

Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’un enfant va se joindre à notre famille… il est déjà là, mais pas encore né… c’est assez magique je trouve.

Puis des fois j’ai peur, je me demande dans quelle galère je me suis mise: le rythme n’a pas toujours été si fluide avec les filles et mon homme. On a même traversé de grosses crises, des tempêtes qui nous ont fait tellement souffrir et trembler… alors remettre cet équilibre fragile en mouvement me fait peur, même si j’aime cet enfant de tout mon petit coeur de maman.
J’ai peur aussi de ne pas trouver assez de force en moi pour m’ouvrir à sa naissance. Pour traverser les contractions. Pour achever le temps de la naissance.
Heureusement je me sens entourée, surtout en ce moment avec l’approche du terme, j’ai la chance d’avoir des enfants fabuleux, un homme qui fait son maximum et même au delà, la chance d’avoir mes parents, mes beaux parents, et quelques amis fidèles qui se serrent autour de nous comme pour nous faire un cocon douillet, tissé de leur affection, de leurs attentions.
Je remercie fort pour cette chance. Je pense à ceux qui traversent des moments difficiles… je les embrasse à distance et pense à eux/elles

mes précédentes grossesses ont été difficiles, comme si la vie s’était engouffrée dans mes fragilités les plus intimes pour m’y faire exploser et c’est la première fois que je savoure autant de joie, même si tout n’a pas été simple non plus, matériellement, physiquement, émotionnellement je suis passée par des jolies montagnes russes ce coup ci aussi mais cette grossesse qui débute sa révérence me laisse un goût de rayon de soleil.
Pourtant c’est durant cette grossesse que j’ai dû accueillir le plus douloureux, que j’ai dû pardonner le plus dur.

alors je profite, je savoure ce sentiment d’attente, tournée vers toi, mon bébé, ma nébubulleuse, nous sommes prêts pour toi love:{} demain ou dans un mois, peu importe, juste toi.

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76- rentrée des marches

Nous habitons une région ou les massifs sont fermés l’été en raison des « risques incendies » dirons nous pour ne pas dire « de gens imperméables à la réflexion qui ont des comportements  imbéciles et/ou criminels ».

Donc en ce joli mois de Septembre nous reprenons enfin nos marches. Bien moi dynamiques qu’à l’accoutumée je dois l’avouer… je commence mon 7 ème mois de grossesse et je commence à être très très essoufflée ^^

Hier nous avons profité d’une douce pluie à la tombée du jour pour nous faufiler dehors et écouter la grande respiration de la garrigue. L’entendre boire après des semaines de sécheresse. Pas encore les grandes lampées d’Octobre, juste le murmure des langues qui lapent l’eau sur le calcaire. Le bruissement des lichens qui s’imprègnent dans l’air calme de la nuit. Et toujours ces chemins que j’aime, pavés de cailloux blancs de soif qui nous guident dans la nuit.

j’ai repéré un esprit qui avait un look très chouchou… pour une fois ^^

Une bonne soupe et au lit.

J’ai rêvé que la naissance se déroulait en 2 temps.

J’ai rêvé d’une grande bâtisse, partout des portes, des escaliers, des couloirs, puis une cuisine à porte fenêtre ouvrant sur un balcon et un immense parc arboré, qui sentait bon l’humus et la mousse ou je trouvais refuge.

75- Bilan école à la maison semaine 1

la semaine dernière, la grande à fait preuve d’une super énergie, très volontaire et heureuse d’être là à ce qu’elle faisait.

E, par contre manquait trop de sommeil, elle a trainé les pieds vendredi. L’organisation se mettant tout juste en place, il y a eu des loupés au niveau de l’heure du couché alors je dis trop rien. Elle a fait preuve d’une belle persévérance jusqu’au bout malgré tout, elle n’a rien laché! Puis elle a commencé ses 2 activités: 2 séances de karaté par semaine et 3h d’équitation, elle a beau se régaler, je sais que nerveusement ça à joué: l’impatience, la découverte et tout ça.

La grande commence mercredi la gymnastique rythmique et à la fin du mois escalade, cette année en plein air! elle a hâte de commencer.

Bref pour l’école, en dehors des matières fondamentales, on a commencé l’étude du théâtre ce sera sur plusieurs semaines je pense, tant qu’elles accrochent. En tant que style littéraire, lieu de représentation, on a évoqué les différents corps de métier, etc… Et expérimenté la difficulté d’être comédien par des exercices ludiques. En travaillant sur les émotions du même coups. On s’est rappelé ce que ça fait dans le corps telle ou telle émotion et la jouer sans la surjouer, l’évoquer en nous en étant juste. C’était génial de les voir explorer ça! On a encore pas pleuré! Elles étaient au taquet! Du coup elles veulent travailler sur une scène en testant tous les métiers de A à Z. Donc on poursuit cette semaine en parallèle des enseignements fondamentaux.

On verra ce que ça donne.

On avait aussi évoquer la préparation de l’équinoxe. Pour amener et ramener E au karaté on passe par la pinède donc on profitera surement d’une route buissonnière pour trouver de quoi faire des déco et bidouillages.

74- Être de pierre

Un nouvel être fait son apparition dans mon univers chamanique.

Une être de pierre, dont la force m’effrayait franchement au début de la rencontre. Je suis d’ailleurs partie… J’ai foui comme une passoire! (ce mot et cette expression n’existent pas j’en ai pleinement conscience, mais je l’aime). Puis je l’ai recroisé, il m’a suivit pas franchement discrètement, j’ai foui encore plus mais il me suivait en hurlant et cassant de plus en plus… jusqu’à ce que je lui prête attention.

Il faut dire que quand je l’ai perçu, il était en mode « je casse tout sur mon passage » et ça ne m’engageait pas à une franche amitié… Bon, en cours de fuite je me suis souvenue du fait que les esprits, tout comme nous, n’étaient pas responsables de la tête qu’ils ont. Non, c’est vrai, les pauvres. Certains ont un aspect qui fait froid dans le dos mais qui sont super charmants au demeurant!

Alors lui il n’aime pas du tout, mais alors pas du tout, être ignoré ou fuit, hein. ça le met juste en fureur. Passé ce premier abord, il est vraiment incroyable de sagesse, de tendresse, généreux comme une brioche au beurre qu’on sort du four. Fidèle et patient.

Et bien sûr, j’ai beaucoup à apprendre de sa médecine. Surtout ces jours ci. Allez, au boulot! Puis avec lui j’ai vraiment pas envie de lambiner. Il inspire force une motivation inattendue ^^

72- Processus zéro déchet

Cela fait un moment que je trie mes déchets, que nous mangeons bio et/ou local au maximum de notre porte monnaie, composte, peu de viande, je ne sais pas si je l’ai déjà dit ici mais nous avons des toilettes sèches qui fonctionnent depuis que nous avons emménager dans notre maison il y a environ 2 ans et demi maintenant. Quand on part en pic nique on prend notre nourriture et nos tupp.

Une dizaine d’année au moins que les produits d’entretient sont naturels et faits maisons. Il y a quelques mois j’ai débuté la conversion pour les produits d’hygiène qui étaient déjà en majorité bio mais pas fait maison et sur ce point on voit bien que j’ai encore des choses à apprendre parce que l’effet est régulièrement désopilant ^^ pour ne pas dire foireux lol bref je fais mes expériences dirons-nous.

Je fais partie de ces fous qui ramassent les déchets des autres à chaque balade. Nous avons toujours de quoi les récupérer et même quand c’est une balade improvisée et que nous n’avons rien pour, nos enfants exigent qu’on les ramasse quand même et qu’on se les coltine jusqu’à la prochaine benne au mieux, au pire jusqu’au retour. ça rend ma mère béate, à la mer j’ai eu droit à « et ben! t’as pas fini à ce rythme! » ben non maman, c’est sûr, mais comme beaucoup de choses (attention je vais dire un truc essentiel): si personne ne le fait, personne ne le fait! (^^ non? mais attention la suite n’est pas mal non plus:) au moins je fais ma part, celle que personne ne devra faire à ma place (et toc!)

Tout cela ne m’a jamais demandé d’effort (si des fois les déchets des autres me donnent envie de leur mettre dans un orifice mais bon…) je le fait parce que j’ai la conviction que je prends ainsi la responsabilité que j’ai d’avoir la chance de pouvoir être ici, sur une Terre accueillante, généreuse, riche et sublime. Mais… cet été, on m’a poussé au déclic, je m’en vais te raconter tout ça:

Je me tiens informée régulièrement des progrès à faire en matière d’écologie, quand j’arrive à contrôler la nausée et les larmes qui ne manquent jamais de suivre. Et à l’approche de la Célébration des Eaux Sacrées Deaniste je vois passer une énième vidéo sur le continent de plastique… mes filles s’inquiètent et me demandent ce que peut bien être ce truc ignoble et j’explique, je rapporte les faits. Cela donne lieu à une discussion, comme toujours passionnante sur leur façon de voir les choses, et la réalité de nos modes de vie « civilisés », sur la manière dont nos anciens faisaient, sur la propriété de la Terre, sur le temps de dégradation des déchets, ce qu’il advient de ce qui ne se recycle pas… bref, depuis, si elles pouvaient nous faire écoper l’océan à la main à bord d’une barque, elles le feraient. Mais la plus jeune me demande alors: « mais maman, qu’est ce qu’on fait nous pour ce problème? »….. heu on trie nos déchets, on consomme autrement… « mais on achète du plastique pas recyclable?! et ça donne ça! il faut arrêter! »

….

Ben oui, elle a raison. Alors que nous nous apprêtions à célébrer la Déesse Guérisseuse et ses Eaux Sacrées, voilà quel fût notre engagement: prendre le chemin du zéro déchets. ça tombait sous le sens comme le prochain pas logique à fournir pour être plus congruents avec nous même.

Il m’a fallu prendre mes repères, j’ai consulté des pages pour trouver des idées pour les points sur lesquels je buttais. Mais aujourd’hui on roule! Au marché on apportait déjà nos sac, donc pas grande différence mais aujourd’hui on prend nos pots pour faire peser nos olives et tout ce qui normalement fini dans un plastique jetable. On amène nos pots en verres à la boutique bio pour le vrac, on fait faire la tare en arrivant et c’est vraiment moins cher en vrac donc on fait des économies. On demande à la boulangère de ne pas emballer le pain dans le papier, surtout qu’on a une superbe huche à pain magnifique trouvée aux puces.

On a gardé les bouteilles de limonade en verre pour boire quand on est pas à la maison: ça garde l’eau fraîche plus longtemps et aucun produits cracra! on a complété aux puces, brocantes pour en avoir un peu plus pour les cosmétiques, préparations ménagères, liniment et autres.

Yaourt c’est yaourtière depuis plusieurs années aussi. Le fromage c’est chez le producteur ou au marché… bah c’est sûr je n’ai pas tous les fromages et c’est peut être ça qui me fait craquer le plus parce que j’adore les fromages, tous!

C’est le début, on fourni ce qu’on peu, ce qui nous donne de la joie. ça ne sert à rien de se mettre la pression jusqu’à s’en dégoûter. Juste faire à son rythme c’est déjà ça! Je n’ai pas de solution pour mon henné… il est emballé dans des sachets plastiques. Ni pour les brosses à dents: je sais qu’il en existe en bois mais pour avoir tester c’est vraiment pas idéal je trouve. J’ai un peigne en corne. On n’a encore pas fini notre bidon de lessive mais on compte en faire, j’ai plusieurs recettes sous le coude (à base de cendres, ou de lierre, ou de savon de marseille). On teste le liquide lave vaisselle au savon de Marseille bon,… ça laisse une pellicule grasse donc on dose autrement avec bicarbonate/vinaigre pour voir si ça va mieux mais on a pas encore le dosage idéal. Mais ça lave très bien.

Il reste le problème des chaussures aussi… je n’ai pas les moyens d’aller chez le bottier pour 4 bientôt 5. Là les filles vont débuter leurs activités et je ne me vois pas acheter un baudrier ou casque d’occasion… je suis trop consciente du risque pour ça. Surtout que je suis encore échaudée par ma récente expérience avec des couches lavables d’occasion que j’ai acheté pour bubulle, heureusement près de chez moi, pour m’apercevoir une fois rentrée qu’elles n’étaient pas du tout imperméables!

Je n’ai pas de solutions pour le beurre… je ne trouve personne qui en fasse, surtout que je ne vis pas dans une région qui s’y prête. Et pour le moment on n’arrive pas a s’en passer totalement, même si on n’en mange qu’occasionnellement dans des gâteaux ou rarement au petit déj parce qu’on mange surtout des miams ou des smoothies essentiellement à base de fruits et autres bonnes choses.

Mais bon on progresse! 😉  et c’est bien l’essentiel !

merci à mes filles qui m’inspirent tant! merci à elles de venir embellir ce monde! Et merci à la Déesse pour leur présence, et pour ces dons et bienfaits dans nos vies!

71- vieille

L’été agonise et je me sens vieille, usée, racornie.

Je réalise l’impact de mes choix de vie sur mes liens sociaux encore une fois. Je crois que ça marche par vagues ici. Pendant un moment je passe auprès d’une certaine sorte de personnalité(s), puis comme je continu mon bonhomme de chemin… à un moment ça fini par ne plus passer. J’ai vécu plusieurs vagues successives au cours de ma vie qui me font me sentir vieille, sans attaches profondes, sincères, durables, de celles qui vont au delà des modes de vie, des opinions personnelles. J’ai soif de cette relation qui, liée dans un coeur à coeur, s’étofferait à la lueur des saisons, se nourrirait des transformations respectives.

Pourtant je sais bien que c’est en partie de mon fait. Il vient un temps ou l’éloignement m’est salutaire dans la relation, car les chemins me deviennent trop glissants. Parce que, pour permettre à l’autre de m’accueillir encore un peu, je suis obligée de me travestir en quelqu’un que j’ai cessé d’être. Puis un jour, je n’y arrive plus, comme un vêtement trop élimé qui tombe en miette de plus en plus fréquemment. Je fini par en vouloir à l’autre de ne pas accueillir celle qu’elle entrevoit durant ces moments ou mon apparat chute. Alors je m’éloigne. Souvent on vient me reprocher de ne plus être pareille, d’avoir changé, de mettre trop de distance, d’être froide ou agressive…. et j’en suis tellement désolée, ça me brise le coeur, je voudrais pouvoir encore un peu retrouver la familiarité, l’intimité qui me liait à eux… Je m’en veux d’en être incapable. Le confort et la douceur de me sentir proche, accueillie pour ce que je suis. Des fois je retombe dans ce besoin, je m’y engouffre en remettant mon corsage et de nouveau, de plus en plus vite, de plus en plus fort, j’étouffe. J’échoue à me travestir.

Dans ces moments je me sens si seule, si incapable… d’aussi loin que je me souvienne, quelque soit la relation ou son type… l’issue est souvent la même. Et souvent la brisure se produit quand je fais prendre à ma vie un tournant (très) inhabituel. J’accompli quelque chose qu’on juge de près ou de loin comme impensable, immoral, inacceptable. Et de toute évidence: impardonnable!

Mais moi, je devrais pardonner qu’ils ne me pardonnent pas. Bon… je suis lasse.

Je ne compte plus les pertes, mais je n’arrive pas non plus à compter ceux qui restent. J’ai trop peur qu’ils passent dans l’autre catégorie à la prochaine « connerie » que je choisirais.

Je me sens tellement seule. J’aimerais qu’il existe un cours, un stage intensif: « comment garder ses proches tout en restant soi même malgré ses évolutions ». Je vois bien que je fais n’importe quoi de ma vie selon les gens. Mais ce n’importe quoi me tient à coeur, j’ai envie d’essayer ce n’importe quoi et si je me plante et bien tant pis. J’ai envie de tout ça. Alors quoi, je me sentirais toujours aussi seule si je me choisi moi? ça me brise le coeur. J’ai envie d’essayer ailleurs. Autre chose. Le sud, la Belgique, Grenoble, l’Ardèche, de nouveau le sud… je suis fatiguée de ne me sentir chez moi dans aucun coeur. Avec les enfants et les animaux, la nature c’est tellement facile, évident. Je n’ai jamais eu l’impression que la vie s’encombrait de ce genre de jugements qu’ont les adultes humains. Je me dis souvent que je suis inadaptée. J’ai beau cherché une raison, un fait marquant qui pourrait expliqué et donc qui rendrait mon cas « soignable »… je ne vois rien. Et du plus loin que me portent mes souvenirs, mes liens sociaux ont toujours pris cette tournure.

Certains diraient que j’ai quelque chose à comprendre… peut être. Ou peut être juste à accepter quelque chose… je saurais peut-être un jour ou peut-être pas. Mais pas aujourd’hui

J’ai envie de m’isoler de nouveau. Une ferme, des poules, une cheminée pour voir brûler autre chose que mes mains et la nature à perte de vue.

 

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