93- ou quand marcher devient un rite

Je marche à nouveau. Quand ma cheville est d’accord. J’aime marcher dans la nature. Depuis petite. Je faisais comme les chiens, j’allais et venais entre le vaste monde et mes parents et quand je rentrais chez nous, j’avais parcouru le triple de mes parents ^^.

J’aimais particulièrement aller à la mer. Je sautais de rochers en rochers, de manière très instinctive, dans une totale confiance en mon corps et dans les rochers ^^. Je ne me posais pas la question, je savais que je trouverais toujours un rocher au bout de mon saut. J’étais en parfaite communion avec mon environnement.

J’ai eu la chance de pouvoir renouer avec cette aisance grâce au chemin du chamanisme. Et notamment à un outil que j’ai pu explorer en stage et faire mien: La marche en aveugle. Il s’agit de la pratiquer ACCOMPAGNE pour des raisons évidentes de sécurité! on se prive de la vue (grâce à un tissu de préférence puisque la tentation est grande sans cela) et on marche en se servant de ses autres sens, subtils également, pour éviter (ou pas) les bosses, les éraflures, les bleus, les cabosses, les pansements, et les cataplasmes d’argile à la gaultérie 😀  (vous sentez le vécu ou bien?). L’accompagnant doit laisser les erreurs se produire et n’être là qu’en garde fou de sécurité en cas de danger. Une branche en pleine poire n’est pas un danger, en revanche se diriger vers un fossé oui!!

C’est une école hautement initiatrice. On y trouve nos peurs, nos manques de confiance, nos dialogues intérieurs, nos entraves, nos croyances limitantes, nos doutes. On y trouve aussi la valeur de l’erreur qui est l’apprentissage pur et celle de l’expérimentation qui jamais ne saurait être remplacée. Et aux termes d’une pharmacie boiron, on y trouve l’expression personnelle de notre intuition, notre manière propre et personnelle de communier, de communiquer, avec notre environnement. On découvre comment cela s’organise en nous, pour nous, vers nous, depuis nous, cette histoire de toile, ces mystérieuses intuitions. On y apprend à faire enfin la différence entre quelque chose qui vient de notre mental, de nos projections, notre dialogue intérieur, et une information intuitive, guidée, reliée, qui s’impose sans passer par cet outil, au demeurant fabuleux mais également très envahissant, qu’est notre mental.

Où poser son pied? quand? comment? et puis ces questions s’évaporent quand on se relie, quand on perçoit son environnement, quand on s’y intègre. Sur le fil de la Toile.

Je vais essayer, petit à petit, de parler un peu plus de ma pratique chamanique. En voilà une partie. Je reviendrais sur la marche en général car c’est un outil extrêmement simple mais aussi très riche de toutes sortes d’enseignements. J’aborderais aussi ma manière, qui n’est que la mienne, d’entrer dans un espace naturel et de m’y déplacer. Car cela ne va pas toujours forcement de soi.

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92- trouver son centre

Ce centre qu’il FAUT trouver, qu’il FAUT chérir, qu’il FAUT soigner, nourrir… etc…

et qui, au bout d’innombrables années finalement me saoule, pour parler franchement.

Je ne sais pas qui à eu envie à ce point de rendre tout chemin spirituel particulièrement chi@nt grâce à ces injonctions lassantes.

Il ne FAUT RIEN devenir, il ne FAUT RIEN faire à mon sens.

La seule chose c’est Être. Être soi, avec tout ce que cela comporte. Sans rien exclure. Peut être que la plus grande leçon est celle-ci: être.

Centré, décentré, jaune, rouge à poids jaunes, enthousiaste, agressif, passif, attentiste, motivé, faible, puissant, vulnérable, soumis, rebelle, euphorique, optimiste, naïf, colérique, détendu, mou, souple, cheveux longs ou punk, tendu, stressé, irrespectueux, honnête, injuste, droit, fière, déprimé, homme, femme, les deux, tout cela tour à tour ou bien en même temps.

Être, pour moi c’est accueillir ce qui « déplaît », ce qui gêne, ce qui illumine, ce qui peine…. Ce sur quoi nous détournons le regard. Inclure tout ce que nous sommes et ce qui est. Tout. Inutile de se cacher que parfois ça blesse. De se voir tels que nous ne voudrions pas être. Et pourtant nous sommes cela aussi! nous sommes tout cela. La violence, la haine, le dégoût de soi… et j’essaie d’être d’accord avec ça aussi. Même si j’essaie de tout mon mieux d’agir vers ce qui fait du bien. Je ne rejette pas ce qui « va contre » (contre moi, contre le bon sens, contre les autres… etc) j’accueille le fait que j’ai aussi cette partie de moi qui dit « non! je ne veux pas que les choses se passent ainsi, je veux que ce soit comme ci ou comme ça… » j’accueille, même si ce n’est pas cette partie que je montre au monde. J’ai choisi d’exprimer autre chose, autrement mais j’accueille pleinement mes ombres. Enfin… j’essaie!

car,

une partie de moi refuse des fois d’accueillir mon obscurité 😀  Et lorsque je n’arrive pas à accueillir?

Et bien j’accueille que je n’arrive pas, pour l’instant, à accueillir et j’inclue cette partie de moi aussi.

Alors quoi? « trouver son centre » ??? non!

Être son centre. Être au centre de soi.

Ecouter. Tous ces murmures, ces cris trop longtemps écrasés. Laisser hurler l’injustice, les douleurs, vider les boites à chagrins, lâcher prise, ne plus rien attendre de soi, juste……. ÊTRE. Être d’accord avec TOUT ce qui EST.

quelle foutue respiration pour l’âme!

Et désirer. Fort. Un Désir puissant. De vivre, d’être vrai avec soi, pour soi.

Alors arrêtons de culpabiliser pour un oui pour un non. Parce qu’en spiritualité on se flagelle autant qu’en tous les autres domaines si ce n’est plus (car on veut une version « réalisée », « éveillée », « connectée », « centrée » etc… de nous même). Oui parfois on a envie d’étriper le voisin qui brûle encore ses trucs dans le jardin alors:

-que ça pollue,

-que ça ne sert à rien à part enfumer le monde et te donner des raisons d’investir dans les labo qui font les broncho-dilatateurs

-et que c’est aussi très interdit…

oui, c’est très énervant et on sent bien bien bien la frustration extrême de constater que les 12 conversations urbaines précédentes n’ont rien apporté à cette barrique avinée et pourtant, on choisi de NE PAS le pendre par ses noix d’homme à sa tronçonneuse avant de la mettre en marche! On respire, on légitimise (ça ne se dit pas mais c’est pas grave) la pulsion ET on se remercie d’avoir AUSSI le Désir d’agir autrement! et on agit

91- Retour

Pour le solstice j’aime faire des guirlandes de papier crépon avec les enfants pour décorer la maison. Cette année je suis fatiguée car malade en quasi-permanence depuis presque 2 mois…

Nous avons fais le mini. Je n’ai pas injecté d’énergie, je n’ai pas rassemblé mes forces dans un dernier élan. J’ai baissé les armes. Et j’ai réussi, entre trajets enfants, courses, ménage, boulot, mari, famille, kiné, etc… à prendre 2 journées au lit à être malade sans faire semblant d’aller quand même et une journée détente et à recommencer à monter à cheval!!!! J’en suis très fière.

J’ai poursuivi mes dévotions. Et c’est ce qui m’a fait tenir je crois. Reste que je dois quand même aller chez le médecin pour faire un contrôle, tout cela commence à m’inquiéter.

Ma connexion au Divin est tout de même à l’image de ma santé ces temps ci. Je me sens tellement exsangue, souvent je m’endors en méditant. Mais tout cela est ok pour moi. C’est un à peu près très sincère. Si en méditant, je m’endors, c’est que mon besoin prioritaire était le sommeil. Mon corps étant le temple de ma pratique: dormir est sacré 😀

J’ai tambouillé pour Isis un baume qui me sert en offrande, pour bénir, en onction et son odeur me scotch direct avec la Déesse. En ce moment j’ai une addiction pour l’odeur de l’orange, j’en mets partout. Je me souviens très bien qu’au début de ma relation à Isis je lisais un peu de partout qu’elle était liée à l’orange et très franchement je ne sentais pas du tout ça comme ça. Quand j’offrais, je ne percevais rien. Et depuis un mois, je découvre ce lien dans l’appel qu’Isis m’en fait. Souvent Elle demande de l’orange en réponse à mon besoin de sentir Sa présence. Elle me renvoi à cette odeur et au lotus. 0 la cire d’abeille également. Mais j’avais conscience de Son amour pour ces derniers éléments. L’orange est une découverte.

Mon lien à Isis est assez fou à mes yeux. J’en savoure chaque aspect. Parfois si discrète que la solitude m’étreint le coeur. Parfois si présente que c’est épuisant, Elle demande une telle énergie. Et d’autres fois, en guide, quotidien, soutenant ma main, soufflant mes mots, frissonnante sous ma peau. Mon amour pour cette Déesse est immense. Au pire de la tempête, je l’ai pourtant lâchée alors qu’Elle me tenait la main. Lorsque mon monde entier s’effondrait sur lui même, quand le sol se dérobait sous mes pas, elle me portait, me serrait dans ses bras. Et j’ai détourné mes yeux d’Elle. J’ai hurlé ma douleur en espérant qu’Elle y mettrait un terme et Sa réponse ne me convenait pas, Elle m’offrait le plus doux des abandons, une naissance, Elle offrait de recueillir mon dernier souffle en échange d’une nouvelle vie, d’un regard neuf, d’une métamorphose… Je n’étais que douleur et j’avais oublié que dire « non » à ce qui est ne fait que rendre les choses plus douloureuses encore. Quand enfin j’ai lâché, quand j’ai accepté de ne plus correspondre à ce vieux model, à ce vêtement trop étriqué, trop racorni, la renaissance a débuté.

Lentement, j’ai muté. La douleur est revenue, reviens encore parfois, en spasmes, en crises. Et quand je lutte, j’ai toujours plus mal. Et les bonheurs ont été foudroyants, Isis ne m’a jamais lâché, Elle a semé la Vie au creux de mes abysses. Elle a veillé ma misère jusqu’au point du jour. Elle a tenu ma main et a guidé mes pas vers le coeur de personnes qui ont parlé pour Elle. Elle boit mes larmes et parfois applaudi mes tourments, on pleure ensemble pour l’Amour et m’enseveli sous la conscience. Celle du Tyet sait nouer et dénouer la Vie.

J’ai rouvert un cahier. J’ai travaillé. J’ai aimé et haïs. J’ai célébré. Je suis morte et je suis née. Dans les bras d’Isis. Ses ailes ont respirés pour moi. Sur Son sein j’ai pleuré. Nos mains sont jointes. Mes victoires sont les siennes. Elle règne sur mes abysses.

90- des livres!

J’ai eu quelques heures pour lire ces derniers mois, j’ai eu envie de partager ceux qui m’ont touchés.

Un par un, je commencerais par celui-ci:

Naître et mourir accompagné

Naître et mourir accompagné – le féminin sacré au coeur des rituels de passage de Christiane Mispelaere.

J’ai beaucoup aimé le regard bienveillant et le parallèle fait entre ces deux grands passages que sont le premier et le dernier. Tout à fait criant de synchronicité par rapport à ce que je pouvais vivre personnellement. Il est tombé à pic.

La première partie pose des bases loin d’être universelles quand à la constitution des corps denses jusqu’à subtils. Je n’ai pas particulièrement adhéré tout le long mais cela à mis en lumière certaines similitudes entre les différentes traditions et croyances que je n’avais pas observé. J’ai apprécié. Les idées peuvent s’avérées très soutenantes.

On voit aussi quelques traditions autour de la naissance et du décès, c’est sommaire mais les parallèles sont parlants et chacun peu trouver son inspiration. La lecture m’a permis de poser des mots avec mon conjoint sur la mort. C’est vraiment le gros avantage de ce livre à mon sens: il amorce une réflexion, il pousse à regarder sans violence les endroits que nous évitons par peur, par manque de temps ou par douleur. C’est un voyage ouvert, calme et serein à travers ce qui, d’ordinaire, dérange. Et traversant le deuil, j’ai savouré cette douceur, cette rondeur des propos qui, loin de mettre un voile, m’a aidé à le soulever dans la tendresse.

C’est un livre doux et pertinent aussi pour qui a envie de développer une réflexion sur les rites de passages, la réaffirmation de la légitimité féminine au coeur des processus de changement, de transition, d’évolution.

J’ai aimé la réflexion sur le « vocabulaire » de l’amour. Un peu comme dans les pays nordiques ou il se trouve des dizaines de mots différents pour qualifier la neige alors qu’en français on a juste « neige » ^^. Là il s’agit de constater la pauvreté du vocabulaire en matière d’amour. Comme le souligne l’auteur, en français alors que la langue est si riche par ailleurs, on aime son conjoint comme on aime le fromage.

C’est aussi le cas dans la maternité d’ailleurs! Les femmes sont « enceinte » mais les hommes sont… bin… voilà qui présage d’un rôle pour le moins difficile à trouver! Ils se contentent d' »attendre un enfant » à l’extérieur du champ lexical et donc social. D’être « futur père » futur… mais pourtant le père s’élabore aussi durant ces 9 mois. ou tout du moins il pourrait si l’on trouvait un mot pour le dire! Une chose peut elle exister lorsqu’on a pas de mot pour la dire?

89- un pas de plus

Un pas de plus vers ton grand départ, ma tatie jolie. Qui sera ma bonne fée ici bas désormais? ma marraine? plus de pâquerette, plus de flora ni de pimprenelle ailleurs qu’au jardin. Ma tatie jolie tu me manques, tellement. Tu rejoins les nôtres mais je ne te trouves pas encore au bout du chemin. Comme a ton souhait maintenant tu dois faire le chemin buissonnier. Plus d’entraves à tes ballades, à tes discours, je te sens près de nous. L’autre jour, nous marchions de front, la vie me semblait alors si violente, si froide. C’était doux de te sentir là. Je te souhaite si fort de trouver le repos.

Tous me disent que ton aimé ne va pas bien… qu’il pleure du soir au matin. Je voudrais être auprès de lui, trouver la force de serrer les liens comme on tire sur un lacet, mais pour l’instant encore la seule idée de nouer me donne la nausée. Je n’imagine pas encore ton odeur sans pouvoir sentir ta chaleur.

Je prépare la création d’un autel au jardin. J’ai été tant occupée à l’intérieur en prévision de Samhain que tout est en plan. J’accompagne une femme qui me touche en plein coeur ces temps ci. L’accompagnement me nourri si bien qu’il me fait oublier les difficultés du métier.

un petit échantillon de nos créations:

88- Samhain s’en vient

ça bricole sec! on prépare, on craft ^^

5 paires de mains (dont une avide de tout mettre à la bouche) autour de la table, qui coupent, collent, peignent, tresse, froissent en écoutant de la musique.

Voilà mon rêve

En réalité, on cours après un temps qui file, éhonté! la vie courre. Je n’arrive toujours pas à parler de la marraine qui est passée de l’autre côté, c’est bien trop absurde pour être vrai, un monde sans elle. Ma marraine, ma tatie, ma bonne fée. J’ai envie d’aller voir mon oncle, mais imaginer la maison pleine de son absence… je n’y arrive pas.

J’arrive à parler de la mort de nouveau en revanche, une manière détournée de frôler la sienne. à pas de côté. On se renifle à nouveau. Hier je suis allée refleurir le tombeau de ma ancêtres paternels, ma béquille sous le bras, ma fille sous l’autre.

J’ai eu besoin d’y aller une fois juste avec l’homme et la petite dernière. C’est la première fois que je reviens depuis sa naissance. Elle a joué tranquille avec les glands tombés sur le caveau, pendant qu’on plantait… l’année dernière il y avait mon neveu avec nous.

10 ans que ma grand mère est morte. Cette année là, nous attentions notre deuxième et l’homme et moi avions perdu nos deux grand mère paternelles. Je n’en ai jamais parlé. J’avais pu voir ma grand mère une dernière fois avant qu’elle ne quitte nos rives. Elle était maigre, déformée, elle dérivait déjà. Elle m’a reconnu. Son regard… son regard m’avait raconté plus que n’importe quels mots. J’ai un éprouvé extrêmement vivant de ce moment. Je sens encore son odeur, la douceur incroyable de sa peau, le mouvement de ses cheveux sur l’oreiller. Et ma décision d’alors, d’accompagner la Vie.

La Vie, incluant sa limite, incluant son début, ses épreuves, ses moments de grandeur et ses bassesses. Isis et aujourd’hui je comprends Nephtys et la raison de sa présence dans ma vie à mesure que je la découvre. Les jumelles divines, les deux faces d’une même pièce. Le 2 Divin. le métabolisme et le catabolisme. 2 directions d’un même mouvement. La naissance et la mort.

87- Mabon

Je coule en Toi, Isis.

Je respire ton odeur dans la fraîcheur du matin.

Je m’abandonne à toi.

Equi-noxe

Des naissances autour de moi… et ma marraine- tatie qui survit encore un peu… jusqu’à quand?

Et je pleure, et je ris avec mes filles, nous célébrons la vie.

Déesse de l’équilibre, qui veille sur toutes choses, j’honore le voile sur ton front. Et hume ton parfum avec respect.

Equi-noxe, je murmure à ton oreille tout ce qui balance en mon coeur. Je te confie, je te recommande mes béquilles, à l’heure ou, justement, j’ai le pied dans le plâtre.

Equi-libre je m’offre à mes actes. Enfin, je marche mes rêves, droite sur mes talons en vrac, droite sur mes pieds de cavalière, sur mes jambes d’accompagnante, dans mes racines de femme, à ma source de mère, depuis mon soleil de feu, jusque dans mon coeur, dans mes yeux… ou je me vois dans ma somme. Entière. Imparfaite. Enfin en équi-libre.

Merci.

 

 

Isis, Dame des mots de pouvoir,

À ta source, je t’appelle par ton Nom

Pour te célébrer et honorer la Règle

Debout sur le seuil du jour et de la nuit

Équinoxe en équi-libre,

Amma Aset!

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